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Ciné-tic

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"Le cinéma, c'est un œil ouvert sur le monde"


Critique #15 : Duel

Publié par Suzanne Astic sur 10 Août 2014, 15:15pm

Catégories : #Critiques

Oeuvre primaire et primordiale du génie d'Hollywood, Steven Spielberg, Duel nous entraîne dans un course effroyable et éprouvante. Accrochez vos ceintures...

 Critique #15 : Duel

       Un homme se fait poursuivre par un camion. Point final. Ce pitch incroyablement minimaliste pourrait être le synopsis d'un Fast and furious ou autre blockbuster d'action bourré d'adrénaline. Et bien, non. Il s'agit bien du premier film du prodige Spielberg. Et quel film ! Thriller anxiogyène à l'esthète hitchcockienne, le papa d'E.T nous prouve avec cette oeuvre exaltante qu'entre de bonnes mains, toute histoire simpliste peut être une source d'inspiration cinématographique incroyable. Un concept simple typique de court métrage mais un format bel bien long, c'est l'exploit et le pari qu'a réussi un Spielberg encore jeune et méconnu. Dans ce qui était au départ un téléfilm ABC inspiré d'une nouvelle de Richard Matheson, nulle longueur, nul faux pas, nulle lourdeur. Ne reste que le talent d'un Dennis Weaver scotchant et touchant dans le rôle titre, la virtuosité de la mise en scène et du cadrage de l'"Entertainment King" et l'ombre d'Hitchcock planant sur cet objet merveilleux qu'est Duel. Datant de 1971, ce long métrage inespéré est un mélange des genres hyper maitrisé et outrageusement moderne. Film d'horreur, western, road trip, thriller, action movie, tant d'appelations s'alliant brillament avec une profonde analyse psychologique de son héros. Et si Duel est l'histoire d'un homme, c'est aussi une analyse complète et juste d'une société, d'une époque et d'une région. Dans cette folle course poursuite désormais un peu rétro mais toujours aussi contemporaine, la folie, le doute, la peur prennent place et se succèdent dans le regard affolé d'un protagonniste en proie à ses propres démons. 

 

Car la camion n'est autre qu'une intelligente métaphore de nos peurs et du danger d'un soi même destructeur. Fantôme, psychopathe, ombre, malédiction, le véhicule est une allégorie aux divers visages nous criant que l'homme est un loup pour l'homme. 

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