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Ciné-tic

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"Le cinéma, c'est un œil ouvert sur le monde"


Critique #11 : La grande aventure Lego

Publié par Suzanne Astic sur 1 Août 2014, 21:20pm

Catégories : #Critiques

 

Animation survoltée, psychée et jouissive, critique virulente, mordante et efficace de notre société toute entière mais aussi bel hommage pertinent aux grands films hollywoodiens,

cette aventure a tout bon.l

Critique #11 :  La grande aventure Lego

Un divertissement hyper maitrisé, fun et décomplexé

 

       Oui, cette Grande Aventure Lego semble être un gigantesque plan de communication pour la firme éponyme. Sa campagne médiatique (affiches, bande annonce...) ne nous démontrant malheureusement pas le contraire, nous étions en droit de nous inquiéter quant à la qualité d'un long si comercial.

Et oui, nous appréhendions tous, cinéphiles et amateurs de briques jaunes, de voir sur nos écrans une énième hyper production animée à l'instar de Planes et autres Madagascars.

Mais fort heureusement, le long métrage dont nous parlons n'a rien en commun avec tout cela mis à part sa place royale aux box office. Et cette place honorable, l'oeuvre déjantée de Lord et Miller ne l'a pas volé.

       Contre toute attente, ce bijou de la culture pop se révèle en quelques secondes incroyablement décomplexé et bien plus divertissant que dans nos folles espérances. Enchainant à un rythme éffréné des répliques piquantes, hilarantes nourrisssant une narration exemplaire, l'efficacité  de la réalisation entraine rapidemment chaque spectateur dans un univers singulier. Et quel univers ! Entre trip kaléidoscopique et effets spéciaux dignes  d'un excellent Michael Bay, les personnages évoluent à toute vitesse, visitent des mondes que l'on regrette et fantasme. Car oui, le fantasme est  bien le mot approprié. Cette belle aventure est un véritable rêve d'enfant, de geek et d'adulte nostagique. Elle tient de là sa force, plaisant alors à un public assez universel. Et elle n'oublie pas les critiques et les amateurs de cinéma. En effet, en repoussant les limites du spectacle dans une animation électrisante, les réalisateurs et leurs équipes enchaînent des séquences aux plans et cradrages assez prodigieux. On n'en oublirai presque qu'il s'agit un film d'animation. La musique n'est pas en reste  car la BO pertinemment sélectionnée sert parfaitemment le caractère fun et haletant de la grande aventure. N'oublions pas les doublages : si la VO bénéficie d'un casting exceptionnel allant de Liam Neeson à Morgan Freeman, la VF demeure agréable et crédible et ce pour notre plus grand plaisir.

En résumé, du mainstream certes, mais du mainstream de très haute voltige et ultra maîtrisé.

Critique #11 :  La grande aventure LegoCritique #11 :  La grande aventure LegoCritique #11 :  La grande aventure Lego

Un hommage assumé aux block busters les plus marquants d'Hollywood.

 

       Mais la dynamique du film réside aussi dans ce qu'il posséde de plus fédérateur : des références aux oeuvres hollywoodiennes les plus connues. A travers chaque réplique, chaque scène, chaque personnage se retrouve le caractère d'au moins un film majeur de la culture cinématographique américaine. Ainsi, chacun retrouve avec exaltation les atouts du ou de ses films favoris. Un liste de références interminable et complète qui fait de la Grande Aventure un fabuleux hommage au cinéma pop. Dès son titre s'esquisse l'éloge de ce dernier, nous rappelant les belles heures des blockbusters des années 80 avec Indy et ses grandes aventures. S'en suit un empilement savoureux et étonnamment fin de renvois à une multiplicité de chef d'oeuvres d'adrénaline tels que Matrix, le Cinquième Element, le Seigneur des Anneaux, Retour vers le futur, Independence Day... Et la liste n'est pas exhaustive surtout lorsque l'animé se réfère à des hyper productions plus récentes berçant des générations plus jeunes. Tron, Transformers ou encore tout l'univers super héroïque se retrouvent avec une harmonie fulgurante au sein de ce bijou geek où Batman et Green Lantern s'échangent des répliques délicieusement piquantes.

Mais l'oeuvre de Miller et Lord va plus loin en évoquant des chef d'oeuvres plus complexes et singuliers tels que Truman Show, Blade Runner ou encore la filmographiqe entière de Terry Gilliam.

       De cette accumulation remarquable et maitrisée ressort donc un subtil mélange entre hommage et regard plus moqueur sur les poncifs américains. Car si les réalisateurs assument entièrement leur amour pour les blockbusters, ils n'en n'oublient pas d'évoquer leurs défauts. En mettant en scène des situations invraisemblables et caricaturales, Lord et Miller veulent mettrent en avant avec un regard tendrement moqueur les travers d'un certain cinéma, ce qui permet au spectateur d'esquisser un sourire tout en raisonnant sur la nature même des block busters. L'intelligence du film repose aussi sur cette volonté de caractériser Hollywood et d'y apporter des alternatives : Emmet, le personnage principal est un antihéros, Batman est un con et la fille possède un brillante répartie, une force hors du commun. Là est le vrai tour de force de cette oeuvre : respecter les codes tout en les détournant.

La Grande Aventure Lego est un cocktail bien dosé de multiples oeuvres dont elle tire avec excellence son caractère unique.

 

Critique #11 :  La grande aventure Lego

Au delà des apparences, la Grande Aventure érige un solide critique de notre société.

 

       Un objet satirique, virulent et brillant. Oui, nous parlons bien d'un film d'animation lego. Derrière son aspect entertainment sous acide s'établit avec finesse et force un portrait inquiétant d'une société similaire à la notre. Dressant une contre-utopie effrayante dans laquelle des petits personnages jaunes sont endoctrinés par un système de surconsommation et de contrôle politique autoritaire, les réalisateurs sonnent l'alarme. S'attaquant avec courage à de grandes firmes comme Starbuck, McDonald ou même à l'industrie télévisuelle et musicale, le film souligne avec brio les enjeux de toutes ces institutions hyper-puissantes. L'air de rien, les répliques mordantes parviennent à nos oreilles comme un cris d'arlerte, réveillant alors notre sens critique propre. La réfléxion quasi philosophique sur la créativité et la liberté d'expression qui parcourt le film est établie à cet effet et nous rappelle chaque seconde que le savoir et l'expression artistique, culturelle sont la base de la démocratie. Il n'est alors pas étonnant de voir les figures politiques et régaliennes tournées en ridicule et critiquées quant à leur abus de pouvoir. Dans cette dystopie foudroyante, la dictature trône, soutenue par des médias et une société de consommation corrompus. Extrême peut être, mais tout autant véridique que révélateur, cette satire d'un monde aseptisé pas si éloigné du notre se révèle donc incroyablement efficace. On peut dire que la Grande Aventure Lego est au cinéma ce que le Meilleur des mondes est à la littérature.

       Enfin, le film offre une autre optique : une réflexion psychologique sur l'enfance et le passage à l'âge adulte qui n'est pas s'en rappeler un certain Toy Story. Que perd-t'on en grandissant ? Nos rêves ? Nos espoirs ? Notre créativité ? Tant de questions relevées par la confrontation simple et touchante entre un père et son fils, entre un adulte et un enfant, entre raison et passion.

 

Ainsi, la Grande Aventure Lego nous apprend à rergarder constamment au delà des apparences et à voir derrière les images imposées. Un voyage enrichissant à vivre au plus vite.

    

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